Elon Musk marque un nouveau point en Inde avec Starlink

Elon Musk tente depuis des années de lancer SpaceX Starlink en Inde, mais ses projets ont été freinés par des obstacles réglementaires. Cette situation pourrait évoluer après la signature d’accords stratégiques avec les principaux opérateurs de télécommunications du pays.

Ce mercredi, Jio Platforms, filiale du conglomérat Reliance Industries dirigé par le milliardaire Mukesh Ambani, a annoncé un partenariat avec SpaceX pour proposer les services d’internet par satellite de Starlink à ses clients. L’entreprise distribuera les équipements Starlink dans ses magasins et assurera leur installation. Cet accord intervient juste après une annonce similaire de Bharti Airtel, autre acteur majeur du secteur.

Dans un communiqué, le PDG de Reliance Jio, Mathew Oommen, a souligné que Starlink permettrait d’étendre l’accès à un internet haut débit dans une époque dominée par l’intelligence artificielle. De son côté, le vice-président de Bharti Airtel, Gopal Vittal, a insisté sur le fait que Starlink aiderait à connecter « même les régions les plus reculées de l’Inde ».

Ces accords restent soumis à l’approbation des autorités indiennes. Une validation ouvrirait à Starlink l’accès à un marché immense. Selon le cabinet d’études Mordor Intelligence, le marché indien des communications par satellite pourrait atteindre 6,81 milliards de dollars d’ici 2030, soit un doublement de sa valeur actuelle.

Actuellement, au moins 40 % des Indiens n’ont toujours pas accès à internet. L’offre d’un internet par satellite abordable pourrait ainsi contribuer à réduire cette fracture numérique. Starlink compte déjà plus de 6 900 satellites en orbite et revendique cinq millions d’utilisateurs dans le monde.

L’annonce de ces accords marque un revirement majeur pour Jio et Bharti, contrôlé par le milliardaire Sunil Mittal, qui s’étaient auparavant opposés à l’arrivée de Starlink. Ambani et Mittal avaient plaidé pour une mise aux enchères des fréquences disponibles, mais le gouvernement indien a finalement opté pour une attribution administrative, en faveur de Starlink. Selon Reuters, Reliance redoutait de perdre des clients haut débit au profit de Musk, après avoir investi 19 milliards de dollars dans des enchères de spectre.

En octobre dernier, Musk avait réagi sur les réseaux sociaux en déclarant : « Je vais appeler et demander s’il ne serait pas trop compliqué de permettre à Starlink de proposer ses services internet aux habitants de l’Inde », répondant ainsi à un message s’interrogeant sur la « peur » d’Ambani face à lui.

L’accord a été conclu moins d’un mois après une rencontre entre Musk et le Premier ministre indien, Narendra Modi, à la Maison-Blanche. Les discussions ont porté sur l’espace, la mobilité, les technologies émergentes et la bonne gouvernance, selon les déclarations de Modi et du ministère indien des Affaires étrangères.

Depuis plusieurs années, Musk tente d’implanter ses entreprises en Inde, mais il a souvent été confronté à des délais administratifs. Tesla a récemment publié des offres d’emploi et conclu un accord pour ouvrir un showroom en Inde, suite à la rencontre entre Musk et Modi. L’an dernier, le pays a révisé ses tarifs douaniers sur les importations de véhicules électriques à la demande de Tesla. Musk devait rencontrer Modi après cette annonce, mais il avait finalement annulé son voyage pour se rendre en Chine.

Quant à Starlink, l’entreprise doit encore obtenir le feu vert des ministères indiens des Télécommunications et de l’Intérieur. La date d’une possible approbation reste incertaine. En novembre dernier, le ministre des Télécommunications, Jyotiraditya Scindia, avait déclaré que son administration serait « plus qu’heureuse » d’octroyer une licence à Starlink, à condition que toutes les préoccupations en matière de sécurité soient résolues.