Renault 5 Turbo 3E : le pari électrique hors de prix qui s’arrache déjà

Un tarif stratosphérique, une technologie inédite en Europe et des carnets de commandes qui se remplissent à vue d’œil. La nouvelle Renault 5 Turbo 3E vient bousculer le marché des véhicules électriques. Cette mini-supercar, qui ressuscite une icône de l’automobile française, prouve que l’audace paie encore.

Un démarrage commercial en trombe

Le 22 avril dernier, le constructeur au losange a surpris tout le monde. Cent cinquante-cinq mille euros, hors options. Voilà ce qu’il faudra débourser pour s’offrir la déclinaison ultra-sportive de la nouvelle R5 électrique. C’est de très loin le modèle le plus onéreux jamais proposé au catalogue de la marque. Pourtant, ce prix XXL n’a pas refroidi les passionnés. À peine quelques heures après l’ouverture des commandes, Fabrice Cambolive, patron de la marque Renault, annonçait déjà 500 réservations fermes de la part de clients particuliers, auxquelles s’ajoutent 200 précommandes du réseau de concessionnaires. Un franc succès.

Exclusivité et rentabilité immédiate

Pour garantir le côté exceptionnel du modèle, la production sera strictement limitée. Il n’y aura que 1980 exemplaires, un clin d’œil évident à l’année de commercialisation de la mythique R5 Turbo originelle. Fabrice Cambolive se montre d’ailleurs très serein quant à l’écoulement rapide du reste des stocks et prévient qu’il n’y aura aucune unité supplémentaire. D’autant que l’opération est une excellente affaire pour la trésorerie du groupe. Chaque réservation exige un acompte de 50 000 euros. Le calcul est vite fait : Renault a déjà encaissé 25 millions d’euros, une manne financière précieuse qui servira à financer le développement même du véhicule.

Première européenne : des moteurs dans les roues

Si les acheteurs sont prêts à casser leur tirelire, c’est aussi parce que la R5 Turbo 3E cache une véritable révolution sous sa carrosserie racée. Renault s’est en effet associé au spécialiste Protean Electric pour équiper son bolide de moteurs intégrés directement dans les roues (IWM). C’est une première absolue pour une voiture de tourisme de série européenne. Ce système propulse la puissance démentielle de 555 chevaux sur le seul train arrière. Résultat ? Le 0 à 100 km/h est expédié en moins de 3,5 secondes.

Philippe Krief, le directeur général d’Alpine, rappelle que les équipes ont travaillé d’arrache-pied pour offrir aux puristes une véritable supercar rétro. L’intégration de ces moteurs de pointe était l’argument de vente ultime pour ce projet. Une vision largement partagée par Andrew Whitehead, le patron de Protean Electric. Ce dernier voit dans cette collaboration une étape majeure pour l’électrification automobile, prouvant que la technologie des moteurs-roues n’a désormais plus aucune limite.

Une victoire d’image plus que financière

Au fond, quel sera le véritable impact de ce modèle pour Renault ? Sur le plan purement comptable, la R5 Turbo 3E ne transformera pas radicalement le bilan du groupe dirigé par Luca de Meo. Même si les 1980 exemplaires trouvent tous preneurs, générant un revenu potentiel de 307 millions d’euros, les volumes globaux restent marginaux. L’enjeu est ailleurs. C’est un formidable tour de force symbolique. Dans un contexte où les ventes de véhicules zéro émission peinent parfois à décoller et où le segment du haut de gamme échappe traditionnellement aux constructeurs français, Renault réussit un coup de maître. La marque prouve qu’elle est capable de rendre la voiture électrique passionnante, performante et résolument désirable